Droit de vivre en famille

« Même si vous êtes pauvre, vous avez le droit de vivre avec votre famille. »

Partout dans le monde, l’extrême pauvreté sépare parents et enfants. Or, la famille représente un repère fondamental pour toutes les personnes qui vivent dans la misère, c’est le lieu ultime de résistance à la misère. En effet, la famille porte l’espoir d’un lendemain meilleur pour les parents et les enfants.

A Luxembourg aussi, les parents vivant en de multiples précarités ne cessent d’exprimer à la fois leurs aspirations et leurs difficultés à donner le meilleur avenir à leurs enfants et de pouvoir vivre en famille.

Fortement touchés et interrogés d’un côté par la grande souffrance de ces parents et d’un autre côté par des professionnels qui disent avoir des difficultés à créer des relations fructueuses avec ces parents, un projet est né : créer des outils de réflexion et des espaces de dialogue afin que le droit de vivre en famille devienne aussi réalité pour ces familles.  

Conférence-débat

12 octobre 2011 au Centre Culturel de Rencontre Abbaye Neumünster

Conférence-débat « Familles en précarité, Professionnels de l’Enfance. Quel espace pour quelle rencontre ? »

Favoriser un échange de réflexions, de savoirs et de pratiques sur les conditions d’une collaboration réussie entre les professionnels et les parents concernés par l’Aide à l’Enfance et la Protection de l’Enfance: tel fut l’objectif de cette rencontre, à laquelle participait une centaine de personnes. 

Des professionnels des différents secteurs concernés, des parents en situation difficile et une volontaire-permanent du Mouvement International ATD Quart Monde, Marie-Cécile Renoux, auteur du livre « Réussir la protection de l’enfance avec les familles en précarité » ont pris la parole.

La parole des parents

 « On est tous des êtres humains. On a tous un cœur qui bat »

Aucune famille ne choisit de se mettre dans une situation difficile.

Il est important de changer la relation entre les travailleurs sociaux et les familles. 

Nous voudrions que les professionnels soient plus à l’écoute des personnes défavorisées, qu’ils viennent vers les parents de manière positive, sans à priori ou jugements.

L’assistante sociale devrait demander aux parents ce qui ne va pas, pourquoi ils sont dans cette situation, et chercher ensemble les moyens de s’en sortir.

Il faut aussi du temps pour créer une relation de confiance.

Et quand cette personne part, c’est très dur de devoir toujours recommencer à raconter son histoire à une nouvelle personne.

Il faut aussi laisser une chance aux parents car « on ne naît pas parents ». « Si des parents n’ont pas eu la chance d’apprendre comment s’occuper d’un enfant, alors il faut leur montrer. C’est peu à peu que l’on peut avancer. 

Chaque placement, non préparé, est un « choc », qui traumatise aussi bien l’enfant que les parents. Cela est encore plus fort quand c’est la police qui vient prendre l’enfant : nous vivons cela comme une grande violence dans notre vie.

Les conditions pour le retour des enfants dans la famille devraient, dès le départ, être discutées avec les parents, ainsi que le soutien dont ils ont besoin pour remplir ces conditions. »