Livres, CD, DVD et cartes de voeux

Les Editions Quart Monde proposent une panoplie de livres et documents en relation avec le Mouvement ATD Quart Monde, son fondateur Joseph Wresinski et les actions menées par le mouvement à travers le monde.
Tous ces livres peuvent directement être achetés en ligne.

Un certain nombre d'oeuvres - présentées ci-après - sont directement disponibles à la Maison Culturelle au Luxembourg.

 

  • Revue Quart Monde no 259

    L'intelligence artificielle en questions

    Martine Hosselet-Herbignat

    « L’intelligence artificielle » (IA) : un gros mot, une énigme, une menace insaisissable, un sujet de débats sans fin ?... « On ne sait pas trop… » disent des personnes membres d’ATD Quart Monde à Lyon et Brest. Mais que nous le voulions ou non, nous sommes cernés par cette réalité, et l’impact que l’intelligence artificielle a et aura de plus en plus sur la vie des citoyens les plus précarisés et exclus est déjà largement perceptible.
    « La majorité des personnes vivant la pauvreté et l’exclusion sociale se sont mises à utiliser internet sous un angle spécifique, la communication directe. Facebook et Messenger surtout, qui sont préinstallés sur les smartphones, TikTok pour certains…, avec des stratégies particulières pour contourner les obstacles », car « confrontées à toutes les difficultés et limites provoquées par la privation massive de l’accès à l’instruction qui caractérise souvent l’exclusion sociale ». En 2019, Philip G. Alston, alors Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’Extrême pauvreté et les droits de l’homme, a consacré un de ses rapports thématiques à la question.
    Il mettait en évidence la manière dont aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs dans le monde, des décisions telles que la nature et la durée des peines de prison, la nature et les montants des aides sociales, et d’autres encore étaient de plus en plus décidées à travers des algorithmes.
    Quels dangers principaux le développement de l’IA fait-elle peser sur les plus pauvres ? Dans quels domaines et à quelles conditions pourrait-elle au contraire être un outil supplémentaire pour leur libération ? Ce dossier voudrait apporter quelques pistes et réponses… « Il s’agit, par la puissance gigantesque des calculs, d’augmenter les capacités humaines. Comme toujours, plus il y a de puissance plus il devrait y avoir de sagesse » disent encore des membres du Mouvement. La technologie, qui génère solidarité et lien social, ne peut être incontrôlée, dépourvue d’une dimension de valeur, rappelle Roberto Rossini. Mark Hunyadi, philosophe, montrant comment l’obéissance de plus en plus imposée aux machines organisant nos vies « fait de nous des machines obéissantes », appelle de son côté à la création d’une véritable institution de régulation, hors de toute logique de marché, à l’instar des comités de bioéthique. En conclusion (provisoire et engagée) : « À ATD Quart Monde on défend l’idée de partir de la parole des plus démuni·es pour penser la société. Défendons aussi cette idée pour l’intelligence artificielle, et restons non seulement vigilant·es, mais aussi acteurs et actrices ».

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2021

    thème(s) : Culture

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  • Revue Quart Monde 258

    Dévoiler les dimensions cachées de la pauvreté 

    Martine Hosselet-Herbignat

    La recherche présentée dans ce dossier peut, de prime abord, laisser perplexe : que nous aurait-on caché de la pauvreté que nous ne  saurions déjà ? Nous sommes largement abreuvés de chiffres et de statistiques, ainsi que d’analyses abordant les questions de pauvreté depuis un angle convenu, souvent le même, l’angle économique. Mais nombreux sont ceux qui ne peuvent se satisfaire de ces outils et approches sommaires. Alors que la Banque mondiale considérait comme pauvres les personnes disposant d’un revenu quotidien inférieur à 1,90 dollar, certaines personnes se situant au-dessus de ce seuil de pauvreté avaient pourtant le sentiment de vivre l’exclusion et le rejet, la négation de leur dignité et de leurs droits. Elles nous révélaient, intuitivement, que la mesure de la pauvreté était une chose infiniment plus complexe que le seul seuil de revenu disponible.
    Entre 2016 et 2019, des équipes de recherche du Mouvement ATD Quart Monde et une équipe de chercheurs de l’Université d’Oxford ont travaillé dans six pays (États-Unis, Grande-Bretagne et France ; Bangladesh ; Tanzanie ; Bolivie) sur un projet visant à mettre en évidence, avec la participation active et authentique des personnes concernées, les éléments qui caractérisent l’extrême pauvreté et permettent, d’une certaine manière, de la mesurer.
    « L’expérience fut ‘extra-ordinaire’ à plusieurs titres : par le temps pris, les méthodes utilisées, la diversité des participants, le pilotage partagé, les résultats obtenus », note Elena Lasida, membre de l’équipe nationale France de recherche. « Cette posture commune d’apprenti face au savoir de l’autre, a ‘habilité’ chacun à partager son propre savoir. » Les conditions d’animation ont en effet été déterminantes. Roxana, militante de Bolivie, explique: « Dans le groupe de pairs d’Hornuni, dans la zone rurale, [...] Emma présentait et je l’aidais à expliquer en Aymara, parce que la plupart parlaient Aymara et donc ils comprenaient mieux ce qui était dit. »
    Cette approche en croisement des savoirs a pour but d’élaborer de nouveaux savoirs, mais aussi de lutter contre les inégalités, de lutter contre « l’injustice épistémique » – le fait que certaines personnes sont exclues de la production du savoir. Quant au résultat de la recherche, il ne s’agit pas seulement d’une liste de dimensions de la pauvreté, mais d’une nouvelle compréhension de la réalité de la pauvreté dans chaque pays.
    Depuis 2019, cette recherche prend tout son sens : ses enseignements sont disponibles à un très large public qui est en train de se les approprier.

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2021

    thème(s) : Culture

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  • Revue Quart Monde no 257

    Domination et genre

    Martine Hosselet-Herbignat

    Parmi les dominations, celles faites aux femmes occupent de plus en plus l’espace public et suscitent de nombreuses actions et réflexions. Mais toutes les femmes en tireront-elles le même bénéfice ? Rien n’est moins sûr. L’expérience d’ATD Quart Monde avec les mouvements féministes tend à montrer que pour les femmes qui cumulent les exclusions, l’enjeu n’est pas seulement celui du droit, de l’égalité entre les femmes et les hommes, mais bien un enjeu d’existence. C’est le droit d’exister pleinement en tant que femme, en tant qu’être humain, qui est en cause. L’invisibilité des pauvres et des femmes, est un fait général et très ancien dans l’Histoire.
    Les participantes de Tanzanie à la recherche-action Les dimensions cachées de la pauvreté pointent la nécessité de créer des groupes de pairs comme condition favorisant l’émergence de leur parole de femmes. Quand on s’est toujours « sentie jugée, humiliée comme une mauvaise mère », obligée de correspondre à des standards définis par les travailleurs sociaux, les étapes d’un chemin de libération possible sont ardues3. Pour sortir de l’image « prêt-à-- porter  de femme pauvre et exister en tant que soi-même, avec ses multiples identités, plusieurs d’entre elles ont participé, à Lille, au stage J’ai rendez-vous avec moi. Pendant un séjour en montagne qui a changé sa vie, Sonia, de Marseille, se motive : « On est là à se priver d’avoir une vie comme tout le monde. Il ne faut pas regarder la peur. Il faut trouver la force, pour donner aussi la force aux enfants. » Et que sait-on des souffrances de toutes celles qui sont obligées de vivre à la rue ? En Amérique centrale, le combat de Linda García pour un féminisme intersectionnel incite les femmes à apprendre les unes des autres, à se solidariser et à comprendre comment une oppression se croise avec une autre. Un féminisme « inclusif » devrait oser entendre ce que disent les femmes les plus pauvres. Les souffrances et les résistances de ces femmes peuvent et doivent changer la nature du combat féministe, aider à relier les diverses formes de la « résistance », chercher à éclaircir avec elles ce qui les aide dans le quotidien, comme en témoignent les auteures de ce dossier, et surtout faire connaître leurs initiatives qui ne sont pas encore sur la place publique. Ces femmes nous disent encore que l’injonction de parité, l’assignation des genres à des rôles spécifiques pénalisent non seulement les femmes mais tout autant les hommes de la misère. Elles questionnent ainsi un progrès social réel, qui risquerait de passer sous silence leurs contraintes effectives au quotidien, et leurs aspirations légitimes. 

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2021

    thème(s) : Culture

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  • Revue Quart Monde 256

    Ce qu'on apprend au milieu des fléaux

    Martine Hosselet-Herbignat

    Cette année 2020, marquée par la pandémie de Covid-19 et les périodes de confinement qu’elle a imposées, restera source d’enseignements, pour peu que nous abandonnions l’idée illusoire et néfaste de revenir le plus vite possible «au monde d’avant».
    Le titre de notre dossier, emprunté à Albert Camus, résume parfaitement notre conviction : ce qu’ont enduré en particulier les personnes et familles les plus pauvres tout au long de cette année est un fléau, qui vient alourdir les conditions de vie indignes dans lesquelles elles sont reléguées, parfois depuis des générations. Le confinement s’est révélé un miroir grossissant de ce qui existait déjà et de l’absence de mesures à long terme qui auraient dû être prises bien avant.
    Les équipes d’ATD Quart Monde, sur tous les continents, ont constaté ces aggravations : baisse des ressources financières, stigmatisation accrue, accès aux biens de première nécessité rendu encore plus aléatoire (eau, assainissement, nourriture), difficultés d’accès à l’éducation, à la culture, aux réseaux sociaux, aux soins de santé, etc. Et, peut-être pire que tout le reste : le sentiment d’être transparents, abandonnés, d’être considérés comme quantités négligeables dans les mesures décidées en urgence par les autorités.
    « S’associer entre nous, c’est notre assurance », disent les familles de Tanzanie. « Si le Covid-19 marquera à jamais l’année 2020, la solidarité humaine n’en fera pas moins », assure G. Haddad depuis Beyrouth. Car tels sont la réponse et l’espoir des plus pauvres : se tenir les coudes et se faire entendre pour que leurs souffrances deviennent – enfin – expertises pour l’avenir, et références dans la lutte contre toute exclusion. « Comment pouvons-nous faire pour que les autorités nous écoutent ? Il nous faut penser à ce qui permettra que personne ne soit laissé de côté au moment où le gouvernement sera prêt à nous aider […] Nous devons nous faire entendre » (Margarita, en Bolivie).
    « Il sera important d’évaluer ce qu’a été le réel souci des politiques publiques à l’égard des personnes en situation de
    précarité sociale » constatent de leur côté E. Hirsch et A-C. Clause-Verdreau.
    L’état des lieux de la planète dressé par l’économiste G. Giraud, en vue d’éclairer ce que devrait être un plan de relance
    verte efficace, est d’une gravité inédite. Et les défis pour élaborer un horizon novateur, colossaux. Sur cet énorme chantier, les citoyens les plus pauvres doivent être considérés comme partenaires et sources d’initiatives.

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2020

    thème(s) : Culture

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    8.00€
  • L'art de rien. Sur le fil de ma vie

    Philippe Barbier

    Enfant placé, éducateur, volontaire permanent ATD Quart Monde, sculpteur… Philippe Barbier a parcouru un chemin de vie sinueux fait d’épreuves et de richesses. Ce chemin sur le fil, il a décidé de le tracer dans les pages d’un livre intitulé "L'art de rien. Sur le fil de ma vie".

    A partir de rien, se construire

    Ce livre est le parcours d’un enfant né dans le Borinage qui a eu un départ très difficile, avec des placements successifs suite à la maltraitance en famille, puis dans les institutions.
    Il est parvenu à se construire pas à pas, par la débrouille et la créativité, en suivant son instinct. Il a réussi à trouver un équilibre dans la vie, à « se tenir debout » et à créer une vie de famille heureuse.

    Dans les différents pays où il a vécu, il a mis en place de nombreux espaces de rencontre et d’expression créative, entre personnes de différents milieux appelés « ateliers fil de fer ».
    Il n’a cessé de montrer par sa vie et son œuvre, qu’à partir de rien on peut devenir quelqu’un, trouver son chemin et en ce sens rendre courage à ceux qui doutent d’eux-mêmes, jusqu’aux plus humiliés.

    Ce livre nous rappelle l’importance de la lutte contre les préjugés, du respect des différences, l’importance de la création artistique.
    Philippe Barbier a contribué pendant 33 ans à construire un mouvement qui se bâtit à partir de chacun. Son livre nous invite à nous connaître les uns les autres en vérité, à cheminer pour savoir « qui je suis, d’où je viens et ce que je porte d’essentiel ».

    Marié et père de trois filles, il est décédé en juillet 2018 à l'âge de 59 ans.

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2020

    thème(s) : Culture

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    12.00€
  • Revue Quart Monde no 255

    Martine Hosselet-Herbignat

    Prendre soin

    Prendre soin de soi, de ses enfants, de ses proches vieillissants est un défi. Chacun d’entre nous y est confronté et dépense beaucoup d’énergie pour le relever. D’où vient alors que les plus pauvres sont régulièrement accusés de manquer à cette obligation ? Accusés de ne pas prendre soin d’eux, ou de leurs enfants ? Ils ne se soigneraient pas, mangeraient n’importe comment, manqueraient à toutes les règles d’une saine hygiène de vie ?
    Qu’en disent les études, en particulier celles menées en tenant compte du vécu et de la pensée des plus pauvres ?... Ce dossier est alimenté en grande partie par le travail du Laboratoire d’idées Santé d’ATD Quart Monde France et ses recherches sur l’« expérience patients », le « mal être » ressenti, l’impact du Covid-19 sur les plus pauvres.
    Par ailleurs, alors qu’ils se trouvent le plus souvent en situation d’échec avec les personnes en très grandes difficultés sociales, comment les professionnels de la santé et du soin sont-ils formés pour développer leur capacité d’entrer en dialogue ?... Les programmes Quart Monde Université et Quart Monde Partenaires, développés dès la fin des années 1990, proposent des formations croisées entre ces différents publics, qui visent à « humaniser à partir de l’altérité ». « Plus on est au fond du trou, moins on a confiance en soi, moins on a confiance dans les autres, et plus il faudra du temps pour la retrouver ». 
    En Espagne, les professionnels qui ont participé à ce programme reconnaissent leurs difficultés quand ils se trouvent dans ce face à face : « La pauvreté révèle notre vulnérabilité. Parfois je me cache derrière ma blouse, mon stéthoscope, mes instruments de travail ; sans eux je me sens nue ». Réfléchir nos systèmes de protection sociale pour assurer une
    Couverture Santé universelle (CSU) sans laisser personne de côté, est-ce possible ? Des expériences existent, sur lesquelles appuyer nos évaluations, à l’échelle de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, mais aussi aux États-Unis3 par exemple. Céline Deville nous rappelle à bon escient que la CSU n’est jamais totalement acquise et constitue un défi sans cesse renouvelé, y compris dans les pays industrialisés. Odile Frank, ayant mené sa carrière dans plusieurs organismes internationaux, insiste : sécurité sanitaire et sécurité sociale sont indissociables, ce qui suppose très souvent d’agir à contre-courant et de surmonter les obstacles liés, entre autres, aux énormes différences entre les budgets nationaux des pays. Faisons entendre la voix de ceux qui relèvent ce défi d’un Care qui améliore la santé et le bien-être de tous les humains.

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2020

    thème(s) : Culture

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    Prix
    8.00€
  • Revue Quart Monde 254

    Martine Hosselet-Herbignat

    TEMPS LIBRE, TEMPS DE LIBERTE

    Chaque année, le comité de rédaction de la Revue détermine les thèmes des dossiers plusieurs mois à l’avance. Celui-ci a donc été décidé bien avant l’émergence de la crise sanitaire liée au Covid-19, qui nous a confinés pendant plusieurs semaines à domicile, en
    « temps libre » imposé. La réflexion des auteurs est imprégnée par ces conditions particulières.
    Avant la fin de cette année, nous publierons un dossier entier, qui abordera avec plus de recul les questions posées par l’impact de cette pandémie sur les personnes les plus pauvres, déjà confrontées à la lutte pour la survie au quotidien. Nous rendrons compte des expériences et réflexions d’équipes de terrain du Mouvement ATD Quart Monde partout dans le monde, cherchant à rester proches des plus isolés et attestant d’incroyables gestes de solidarité et d’entraide. Penser l’après crise sanitaire nous demandera d’affiner nos récits collectifs, d’imaginer de nouveaux scénarios préservant les biens et services communs et d’interpeller résolument les pouvoirs publics. Choix politiques nationaux, choix impliquant la remise en cause d’une mondialisation sauvage ne pourront être réfléchis sans l’expertise des plus démunis, qui auront payé le prix fort de la crise, sous peine de reproduire les mêmes erreurs. Alors, temps libre, temps de liberté?
    L’appropriation du temps libre, vecteur d’émancipation individuelle et collective, est une longue histoire, comme le détaillent Lionel Arnaud et Jean Viard. En France, il y eut un Ministère du  Temps libre entre 1981 et 1983, dont fut chargé André Henry, qui tenta d’y mettre en oeuvre son expérience syndicale, de militant de l’éducation populaire, et sa conviction du rôle primordial des associations. Nuances et modestie imprègnent son analyse. De Madagascar, Amélie Kamony manie elle aussi la nuance et préfère parler d’un « temps de libération », car : « Le travail ici pour la plupart [des gens], c’est attendre les camions des ordures et ramasser ce qu’ils peuvent transformer ou revendre […] Les jours d’Université populaire Quart Monde, ils choisissent de ne pas attendre les camions, ils se ‘forcent’ à prendre ces temps pour se libérer, car on sait très bien que ce ne sont pas des temps libres : chez moi, il n’y a pas de limite au petit boulot, c’est la force physique qui limite ».
    Les témoignages et analyses des réalités européenne, d’Afrique, d’Amérique du Sud réunis dans ce dossier montrent que réaffirmer aujourd’hui le droit au temps libre, loin d’être un combat d’arrièregarde, est un combat d’avenir.

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2020

    thème(s) : Culture

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    8.00€
  • Revue Quart Monde no 253

    Vers l'autonomie des jeunes

    Martine Hosselet-Herbignat

    Les chemins d’émancipation des jeunes sont souvent complexes
    et problématiques, et l’accès à leur autonomie est étroitement lié
    aux difficultés sociales.
    Les politiques publiques configurant l’entrée dans l’âge adulte
    diffèrent selon les États européens et produisent des effets plus
    ou moins structurants1. En France, où un jeune sur cinq vit en
    dessous du seuil de pauvreté, la jeunesse reste un angle mort
    des politiques publiques, constate Antoine Dulin2, contrairement
    à d’autres pays d’Europe. Mathilde Caurier3 s’interroge
    quant à elle sur la pertinence des « parcours » conçus par les
    politiques publiques pour aider les jeunes ; ceux qui les pensent
    ayant eu personnellement des parcours faciles, et une autre réalité
    que celle vécue par des jeunes « bénéficiaires » sur le terrain.
    Parmi ces bénéficiaires, ceux accompagnés par la Fondation
    Apprentis d’Auteuil. Certains prennent la parole dans le collectif
    Repairs !4, anciens Mineurs non accompagnés ou jeunes pris en
    charge par l’Aide sociale à l’enfance. Leur objectif : créer un
    débat public, devenir visibles, faire valoir leur expertise dans le
    choix des mesures les concernant. « Même si les questions d’indépendance
    matérielle et d’accès au droit sont fondamentales
    au moment de la transition à l’âge adulte, le sujet central est
    ailleurs : sur qui et pour qui compter à 18 ans, quand on sort de
    placement ? » interpelle Fouzi. C’est le pari relevé par les Écoles
    de production, dont ECCOFOR dans le Jura5 : insertion professionnelle
    par l’apprentissage d’un métier, sur la base de fondamentaux
    structurants, réussite des élèves les plus en difficulté, adaptation
    aux forces et faiblesses de chacun.
    De la même manière, en Italie, le Care Leavers Network Italy,
    réseau territorial de jeunes sortant de l’aide sociale, soutient leur
    recherche d’écoute et de participation collective.
    Ailleurs dans le monde, de jeunes entrepreneurs asiatiques
    s’engagent pour le changement social, à Hong Kong, Hanoi, ou
    Bangkok, accompagnés dans leur créativité par Dinh-Long6 et
    bénéficiant du Programme des Nations Unies pour le Développement.
    Au Guatemala7, beaucoup de jeunes adolescents pauvres,
    voulant éviter d’être engloutis par la rue et ses tentations, cherchent
    très tôt du travail. Ils se retrouvent dans des secteurs durs et « non
    officiels », tout comme leurs parents avant eux. Reconnaître leurs
    efforts et leur combat quotidien, mettre en valeur tout ce qu’ils
    entreprennent est le ferment de leur autonomisation, affirme José
    Dimas Perez, qui les connait bien. C’est également l’ambition de
    ce dossier pour tous les jeunes, en particulier les plus vulnérables.

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2020

    thème(s) : Culture

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    8.00€
  • Revue Quart Monde no 252

    Franchir le seuil du militantisme 

    Martine Hosselet-Herbignat


    Qu’entend-on par militer ?... Si on imagine une volonté de changer le monde, on peut véritablement s’étonner que des gens continuent à s’engager malgré la fatalité des choses, et malgré le fait que les politiques semblent toujours favoriser des intérêts privés, être de plus en plus incapables de tendre l’oreille aux réclamations populaires de justice sociale. Ces gens existent pourtant.
    Perrine Goulet, ayant elle-même connu le placement dans son enfance, élue députée de la Nièvre (France) en 2017, puise dans
    son expérience de vie l’obstination à faire changer la société dans laquelle ses enfants vont grandir. « Tant que des hommes
    et des femmes sont considérés comme des nuisances sociales, ils ne peuvent être que bannis, pourchassés, et finalement enfermés, parfois même sous des prétextes humanitaires » relève quant à lui Georges de Kerchove, artisan belge des droits humains depuis de longues années.
    Le militantisme ne peut être uniquement saisi dans ses occurrences légitimes dans l’espace public ; il existe aussi un militantisme « des profondeurs », parfois invisible, dont le traitement médiatique et social semble bien plus aléatoire. Parce que ses motifs ne sont pas toujours d’emblée politiques, ils sont plus difficilement communicables, et plus aisément réductibles à des comportements individuels. « S’engager, c’est un acte fort car la pauvreté s’est tellement ancrée en moi, dans ma vie, que dès que des personnes parlent de leur vie difficile, ça me fait écho, ça rejoint ma vie et ça me met en colère contre toutes les injustices. », analyse Priscillia Leprince à Caen.
    Engagement dans un collectif, dans une communauté de sens, dans une lecture du monde, le militantisme donne prise sur nos
    sociétés, nous inscrit dans une histoire, nous donne une identité, et nous sort des bornes de notre vie personnelle. « Tout cela était en moi, et s’est cristallisé au moment où j’ai rencontré le Centre d’Intégration Sociale, où j’ai connu d’autres femmes. […] Avec ce groupe, on pouvait parler, se raconter nos vies, et nous battre pour le quartier, et surtout pour les enfants du quartier  », dit Assunta Ielapi à Rome. Par ailleurs, dans le militantisme du Quart Monde il y a à apprendre quelque chose de nouveau pour tous : « Ne pas nier que ce soit un chemin exigeant, long, et qui demande de l’accompagnement, de la persévérance et du temps. » Dans l’optique de mieux comprendre comment et pourquoi le pas se fait, ce dossier met l’accent sur des parcours qui retracent le(s) moment(s) de bascule et d’engagement, mais aussi le(s) moment(s) où cet engagement s’éprouve dans ses défaites et ses victoires.


    nombre de pages : 64|

    prix : 8,00€ TTC 

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2019

    thème(s) : Culture

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  • Revue Quart Monde no 251

    CHANTER LA DIGNITE 

    Martine Hosselet-Herbignat

    « Dans les aldeas du Guatemala comme les mornes d’Haïti,
    les slums d’Afrique ou d’Asie et les bidonvilles d’Europe, partout
    j’ai entendu les familles qui se débattent dans l’intolérable misère,
    chanter leur dignité », écrivait en 1987 Joseph Wresinski.
    Comment, dans l’histoire humaine, le chant a-t-il été un instrument
    de libération, l’affirmation d’une dignité inaliénable ?
    « Les chants des exploités, des pauvres, des parias […] n’ont
    que des effets apaisants sur des maladies qu’ils ne savent pas
    guérir », estime T. Grisar dans ce dossier. L’action des chants
    n’est en effet pas immédiate sur les injustices qu’ils évoquent ;
    en revanche, devenant « chansons à tout le monde », ces hymnes
    qui accompagnent les luttes diffusent un message contagieux de
    résistance et de résilience. La vigueur et la souplesse de ces chants,
    entonnés par plusieurs générations, en divers endroits et multiples
    interprétations, est remarquable. Appelant à la dignité malmenée
    mais présente en chaque auditeur et interprète, ils font partie du
    patrimoine immatériel de l’humanité.
    C’est le cas de la Ballade des ouvriers de la forêt, chant des
    aborigènes de l’ethnie Paiwan à Taïwan devenus bûcherons loin de
    chez eux sous la pression de la pauvreté, à laquelle nous introduit
    T. Song, elle-même citoyenne aborigène. Aux États-Unis, des
    protestsongs ont accompagné l’indignation des artistes militants
    face à la répression policière à l’encontre des personnes issues de
    la communauté africaine-américaine, ou à propos de la tragique
    histoire de Sacco et Vanzetti, militants anarchistes injustement
    condamnés.
    Aujourd’hui encore, le chant est un chemin de libération. Ici
    et là, des chorales se sont créées avec des hommes et des femmes
    sans domicile, en prison, réchappés de l’enfer des migrations
    forcées, hébergés dans des foyers, dans des quartiers mal réputés
    à la périphérie de nos villes. Des chefs de choeur et des choristes,
    professionnels ou amateurs ont voulu transmettre leur bonheur de
    chanter, refusant que cet art demeure le privilège de quelques-uns.
    « On n’était pas tous au même rang mais on ne se moquait pas »
    (Janine). « Être regardée avec bienveillance, sans jugement, voilà
    ce qui te rend digne d’exister et t’autorise à avancer » (Jacqueline).
    M. Ouattara s’inspire de sa propre histoire de migrant en Méditerranée
    dans le très beau texte Naufragé(e). La musique permet de
    transformer les vies. Toutes les frustrations, toutes les difficultés,
    une fois écrites et chantées, réveillent « tout ce qui est bon en moi ».
    Pour canaliser honte, colère et révolte en combats constructifs.

    nombre de pages : 64|

    prix : 8,00€ TTC 

    éditeur : Éditions Quart Monde

    date de parution : 2019

    thème(s) : Culture

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